contemporain

Embarquez pour un voyage glacial et très étrange avec « Sibérienne »

siberienne

Sibérienne de Jesús Díaz
Editions Gallimard, 2003. 256 pages.

L’histoire: Au début des années quatre-vingt, un apparatchik de La Havane, cherchant à surprendre ses collègues de Moscou, a soudain une idée qui lui semble fort originale : si les Russes ont été capables d’envoyer un homme dans l’espace, eux, les Cubains, vont expédier un Noir en Sibérie. Voici comment le jeune journaliste Bárbaro Valdés quitte un jour son île tropicale et se retrouve, une semaine plus tard, par – 50°, aux confins de la taïga. Il est censé écrire une série d’articles sur les vastes projets de développement entrepris par le grand frère soviétique dans cette partie de la planète. Mais très vite, la couleur des yeux de son interprète, la belle Nadejda Chalamov, l’intéresse plus que les pipe-lines et les chemins de fer qu’on lui montre. Pour gagner l’amour de cette femme – un amour aussi intense que le paysage sibérien -, Bárbaro ira bien au-delà des frontières idéologiques, culturelles, et jusqu’au bout de lui-même : au milieu des plaines infinies, il sera le fils noir du soleil des Caraïbes qui s’attache à jamais au cœur blanc de la neige.

Ce livre a malheureusement été une grosse déception pour moi. Bien qu’il m’ait fait passer par des émotions différentes, je ne peux pas en retenir du positif car elles ont en majorité été négatives.

Durant les cePM Sibériennent premières pages j’ai été extrêmement déçue car le résumé de la quatrième de couverture laissait penser qu’il s’agissait d’une histoire très belle et très poétique, or je me suis retrouvée face à quelque chose de très cru, presque vulgaire. En effet, Bárbaro, le personnage principal, n’a jamais couché avec une femme à vint-cinq ans et ça le complexe beaucoup. Ce complexe est devenu une obsession qui lui fait envisager des possibilités extrêmement limites. Il repense aussi à son enfance et son adolescence mais toujours de façon crue. Je n’ai pas apprécié car ça n’apportait rien à l’histoire.

Les cent pages suivantes sont mieux car on entre plus dans le vif du sujet, à savoir son voyage en Sibérie. Malgré le fait que Bárbaro ne trouve que du négatif à ce pays, en tant que lecteur on plonge dans l’ambiance sibérienne, on a l’impression de se trouver dans ces grands paysages blancs, de ressentir le froid, de sentir les odeurs d’alcool fort pour se réchauffer, de chanter les chants traditionnels… De plus, Bárbaro commence à tomber amoureux de son interprète, ce qui fait qu’il est moins obsédé par le sexe et réfléchit à comment lui plaire et la séduire. C’est beaucoup plus agréable à lire.

Malgré ces petits mieux, l’histoire continue d’être un enchaînement de coutumes, apparemment sibériennes, étranges. Je suis restée plus d’une fois perplexe mais le summum de ma perplexité est arrivé à la fin, que je n’imaginais pas du tout comme ça. La fin prévisible et que je m’attendais à trouver aurait peut-être été trop simple, mais cette fin ne m’a pas convenue car elle est très étrange. Sur le coup je n’ai pas compris. En y repensant, j’ai trouvé des explications, mais l’effet que Jesús Díaz a voulu donné n’est pas passé avec moi.

Je n’ai pas compris où il voulait en venir car Bárbaro est un personnage particulier et que tout ce qui est raconté dans l’histoire l’est également. Je ne sais pas s’il s’agit vraiment de la vie sibérienne, que l’auteur l’a vécue et l’a détestée, d’où sa volonté de faire un livre comme celui-ci, ou bien s’il a tout inventé mais il a écrit un livre très étrange.

Enfin, son style ne m’a pas plu non plus. Malgré quelques envolées poétiques de temps en temps qui étaient agréables à lire, l’ensemble reste relativement cru, et je n’ai pas accroché.

Je suis vraiment embêtée de faire une chronique aussi négative mais j’ai beaucoup de mal à trouver du positif à ce livre. Hormis un tableau relativement agréable qui permet de découvrir un peu la Sibérie, tout le reste m’a déçue. L’idée de départ m’attirait beaucoup et je pensais que suivre la vie d’un cubain en Sibérie donnerait lieu à des choses très intéressantes mais ça n’a pas été le cas. Peut-être que mon problème vient de là : je suis partie sur une idée fausse et en ai attendue beaucoup trop. Ne faites donc pas comme moi et partez en sachant à quoi vous attendre.

C’est pourquoi si vous aimez les histoires étranges, les styles crus et que vous vous intéressez à la Sibérie, foncez, ce livre est fait pour vous !

Pour ma part je vais essayer de lire autre chose de Jesús Díaz car c’est un auteur important de la littérature cubaine et je ne veux pas rester sur une mauvaise impression.

Diaz JesusÉcrivain cubain engagé, Jesús Díaz (1941-2002) a très tôt participé à la lutte contre Batista, ce qui lui a inspiré sa première publication, Les années dures en 1966. Professeur de philosophie puis directeur de revues et documentariste, il se voit contraint à l’exil après la publication d’un essai critique en 1992. Il termine sa vie en Espagne où il publie cinq autres romans.
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s