contemporain

« La baignoire », ou la poésie d’un Coréen au Mexique

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La baignoire de Lee Seung-U
Éditions Serge Safran, 2016. 140 pages.

L’histoire: Sous un banal prétexte, un homme revient dans l’appartement qu’il a partagé avec une jeune veuve rencontrée au cours d’un voyage d’affaires au Mexique. Mal marié, la trentaine bien avancée, de situation honorable quoique menacée, cet homme part à la recherche de souvenirs que sa mauvaise conscience a relégués dans le marais de sa mémoire. Roman profondément lyrique, où les thèmes de l’amour, du bonheur et de la mort sont magnifiés par l’évocation de la mythologie maya et l’image sublimée de la clarté de la lune sur la mer. L’eau, matrice et menace, est partout présente. Aux Caraïbes comme dans la baignoire qui trône dans la chambre de la jeune femme. Roman d’une étonnante modernité, beau et mélancolique.

PM La baignoireLe système narratif de La baignoire est original car il s’agit d’un monologue du narrateur au personnage principal. Les deux sont anonymes, et cet anonymat fait que tout le monde peut se retrouver dans ce qui est dit. On suit la vie du personnage qui lui est propre mais les réflexions autour peuvent toucher le lecteur, puisqu’il s’agit de thèmes universels : l’amour et la mort.

Néanmoins la narration est intéressante car le roman est court. Avec une histoire plus longue je pense que l’ennui aurait fini par arriver car ce monologue ne permet pas de créer des actions et donc de donner du rythme au récit.

Le style est très joli avec beaucoup de poésie, presque du lyrisme, et très emprunt de nostalgie. Le livre nous transporte réellement dans une ambiance particulière.

Cependant, l’histoire en elle-même ne m’a pas transportée. Au début on nous prévient qu’il s’agit d’une histoire d’amour, puis on nous indique que finalement il y a très peu de choses qui tournent autour de l’amour, pour enfin terminer l’histoire en expliquant que l’auteur a tenté de raconter une histoire d’amour et que chacun l’interprètera comme il le souhaite.

J’ai donc été déboussolée pendant ma lecture. Je me doute que c’était l’effet recherché, mais ça ne m’a pas plu car je n’ai pas réussi à me laisser aller à la lecture sans cesser d’attendre ce qui m’était promis au départ.

La baignoire reste malgré tout un roman très poétique qui est, selon moi, très représentatif de la littérature asiatique. Il arrive à désorienter le lecteur tout en le transportant dans une ambiance nostalgique où l’amour et la mort se confrontent. Je vous le recommande si vous aimez ce genre de littérature.

Seung-U LeeÉcrivain sud-coréen, Lee Seung-U (1959) a commencé sa carrière littéraire en 1981 avec la publication de sa première nouvelle, Un portrait d’Erysichton, mais c’est son premier roman publié en 1993, L’Envers de la vie, qui l’a vraiment fait connaître. Il est aujourd’hui l’un des auteurs les plus populaires de son pays.
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