Epistolaire

« Lettres portugaises » ou l’amour désespéré d’une religieuse pour un officier

lettres-portugaises

Lettres portugaises
Édition Le Livre de Poche, Collection Libretti. 90 pages.

Résumé: Mariane, une religieuse portugaise, adresse à l’officier français qui l’a abandonnée cinq lettres passionnées et lyriques. Mais à sa souffrance et sa plainte, rien ne répond jamais que l’obstiné silence de son amant. Lorsqu’en 1669 le libraire Barbin publie ces Lettres portugaises traduites en français, il les donne pour authentiques, et le succès qu’elles rencontrent tient beaucoup à l’émouvante sincérité de cette voix dont Stendhal, par exemple, ne doutera pas non plus qu’elle fût celle d’une vraie religieuse. Il se peut que l’on s’accorde désormais à considérer le plus souvent qu’elles furent écrites par le vicomte de Guilleragues, ce sont toujours les mêmes ravages de la passion que nous découvrons encore par la voix de Mariane dans ces pages où s’inaugure un genre qui multipliera les chefs-d’œuvre: le roman épistolaire.

lettres-portugaises-pmLettres portugaises est une toute petite œuvre puisqu’elle ne regroupe que cinq lettres. Malgré tout, des explications sont nécessaires pour les comprendre, c’est pourquoi il y a une préface avant, des notes de bas de page pendant, et des notes après. Je vais donc partager mon avis entre l’œuvre en elle-même et le livre regroupant toutes les explications.

Les lettres m’ont assez plu, bien que je ne sois pas très réceptive à la façon d’écrire ancienne (ici nous sommes au XVIIe siècle). Je les ai trouvées très touchantes et pleines de sincérité. On voit vraiment l’évolution psychologique de la religieuse vis à vis de cet officier: au début elle est perdue sans lui et sombre presque dans la folie, puis petit à petit elle s’en détache pour enfin accepter la rupture. C’est très beau à lire, mais aussi très triste. Je pense que même trois siècles et demi plus tard, n’importe qui ayant vécu une rupture peut s’identifier dans ces mots.

Étant donné que personne ne peut affirmer à 100% qu’il s’agit bien des lettres de la religieuse, ni qu’elles ont été inventées par le vicomte de Guilleragues, il est assez compliqué de les juger. Néanmoins, si elles ont été imaginées, je trouve que l’auteur a parfaitement su s’imprégner du désespoir amoureux que peut ressentir une femme, et pour ça je lui tire mon chapeau.

En revanche, je n’ai pas du tout apprécié l’édition du livre. Pour moi, les premières pages de la préface auraient suffit à comprendre l’histoire de ces lettres. J’ai trouvé que l’histoire du courant littéraire dans lequel elles s’inscrivent, tout comme les notes sur le genre du roman épistolaire à la fin étaient en trop. Pourtant j’aime apprendre des choses, mais j’ai trouvé les explications compliquées, et pas assez adaptées à un large public. Enfin, il y avait beaucoup trop de notes de bas de pages à mon goût. Autant les traductions de l’ancien français au nouveau étaient pertinentes pour comprendre les lettres, autant les autres notes ont alourdi ma lecture, et j’ai à un moment cessé de les lire car ça me faisait perdre le fil des lettres et leur émotion.

Si les ajouts littéraires et historiques ne vous gênent pas, foncez car le livre vous plaira! Si au contraire vous êtes plus comme moi, je vous recommande quand même de lire les lettres car elles sont à connaître, mais vous savez que vous sauterez beaucoup de pages.

Les Lettres portugaises sont donc une lecture mitigée, plus par l’édition un peu trop lourde que par l’œuvre en elle-même car il s’agit de très belles lettres d’amour.

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