classique

Un rendez-vous manqué avec « L’amour aux temps du choléra », une œuvre majeure

L'amour aux temps du choléra

L’amour aux temps du choléra de Gabriel García Márquez
Éditions Le livre de poche, 1992. 450 pages.

L’histoire: A la fin du XIXe siècle, dans une petite ville des Caraïbes, un jeune télégraphiste pauvre et une ravissante écolière jurent de se marier et de vivre un amour éternel. Durant trois ans, ils ne vivent que l’un pour l’autre, mais Fermina épouse Juvenal Urbino, un jeune et brillant médecin. Alors Florentino, l’amoureux trahi, se mue en séducteur impénitent et s’efforce de se faire un nom et une fortune pour mériter celle qu’il ne cessera d’aimer, en secret, cinquante années durant.

L'amour aux temps du choléra PML‘amour aux temps du choléra est une œuvre majeure de la littérature latino-américaine, j’avais donc à la fois hâte et peur de la lire. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle est très spéciale, étant donné que toute l’histoire est sur la quatrième de couverture ! On va en effet suivre les trois personnages tout au long de leur vie, et l’unique élément qui nous manque au commencement du livre est le fait de savoir si Florentino Ariza arrivera à la fin de sa vie à reconquérir Fermina Daza.

Le concept m’a perturbée, car je ne voyais pas l’intérêt de lire un livre dont on connaît les 350 premières pages avant même de commencer. Je dois avouer que même après l’avoir terminé, je ne comprends toujours pas car ça donne l’impression de perdre son temps. De là, moi qui en plus n’aime pas trop les gros livres, je me suis un peu bloquée à l’histoire.

Bien sûr, la plume de Gabriel García Márquez est magnifique, bien sûr il a créé des personnages complexes et intéressants à suivre, bien sûr il nous entraîne dans l’ambiance particulière des Caraïbes de la fin du XIXe siècle et c’est incroyablement dépaysant, et bien sûr il réussit à nous transporter dans les décennies qui couvrent le roman avec une facilité qui étonne. Bien sûr. Mais je reste avec le sentiment que tout est presque inutile. Il aurait pu faire un court roman avec les cent dernières pages, ça aurait été tout aussi bien. Je n’ai vraiment pas accroché au concept de suivre trois vies dont on sait presque tout sur un laps de temps si grand, tout en sachant que la réponse à l’histoire n’arrivera que dans les dernières pages, et ce malgré les grandes qualités que j’ai citées précédemment.

De plus, j’ai eu beaucoup de mal avec le personnage de Florentino Ariza. Son comportement et son mode de vie cassent tellement avec l’espèce de folie amoureuse dans laquelle il s’est enfermé qu’il m’a été presque impossible d’avoir de la compassion pour lui. A vingt ans on peut lui pardonner cette folie, ensuite ça devient compliqué. J’irais même jusqu’à dire que c’est quelqu’un de malsain.

A l’inverse, j’ai apprécié Fermina Daza, que j’ai trouvée très complexe mais très humaine. Mon personnage préféré, et contre toute attente, est Juvenal Urbino. Bien qu’il soit un peu l’ennemi, celui qui provoque le malheur du protagoniste, j’ai beaucoup apprécié sa manière d’être et sa rationalité, qui s’opposent vraiment à la folie dérangeante de Florentino.

Je tiens quand même à dire que j’ai beaucoup aimé la fin, qui est vraiment très jolie et qui permet de refermer le roman sur une impression positive.

Vous l’aurez compris, entre ce classique et moi ça ne l’a malheureusement pas fait. Je garde cette sensation de centaines de pages écrites pour finalement pas grand-chose, avec une histoire qui aurait pu être beaucoup plus courte. Il y a de nombreux points positifs (plume, personnages, ambiance, romanesque) mais je reste malgré tout déçue par cette lecture qui ne m’a pas apporté cette magnifique histoire d’amour que je pensais trouver.

Garcia Marquez GabrielAuteur colombien, Gabriel García Márquez (1927-2014) est l’un des auteurs latino-américains les plus reconnus, en témoigne son Prix Nobel de littérature en 1982. Il a écrit de nombreuses œuvres mais c’est Cent ans de solitude (1967) qui l’a fait mondialement connaître.
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6 réflexions au sujet de « Un rendez-vous manqué avec « L’amour aux temps du choléra », une œuvre majeure »

    1. Pareil, je suis restée dessus 3 semaines et j’avais l’impression que la fin n’arriverait jamais! Par contre j’ai vraiment aimé cette fin, ce n’était pas juste qu’elle signifiait que c’était fini ^^ Mais je suis soulagée de voir que je ne suis pas la seule à ne pas avoir accroché à ce roman 🙂

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  1. Comme tout le monde, j’ai entendu parler de ce roman, qui est une oeuvre majeure, comme tu le dis si bien. Pour autant, je n’ai jamais été très attirée…il faut dire que je ne connais pas forcément la culture espagnole, encore moins la culture latino-américaine. 🙂 Certains livres sont intéressants et un bon moyen de découvrir une culture, justement, mais, pour ce faire, je ne crois pas que je passerais par ce roman, qui m’a l’air…assez laborieux, non ? Peut-être le lirais-je un jour, mais enfin, ce ne sera pas pour tout de suite. ^^

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    1. Et bien justement, j’avais été plus attirée par celui-ci que par « Cent ans de solitude » et apparemment j’aurais mieux fait d’avoir l’attirance inverse haha. C’est un beau roman mais ça ne l’a pas fait avec moi, et tout le monde me conseille l’autre, qui est son oeuvre majeure. Si tu veux découvrir cet auteur je t’invite donc à plutôt lire « Cent ans de solitude ». Après, beaucoup de romans (courts et moins compliqués) permettent de découvrir la culture latino-américaine si c’est ce que tu souhaites, comme « Le vieux qui lisait des romans d’amour » de Luis Sepulveda ou « Chocolat amer » de Laura Esquivel que je te recommande fortement 🙂

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  2. Je ne connais rien du culture latino-américaine alors j’ai lu ton article avec attention et intérêt. Dommage que l’histoire ne t’ai pas plus emballée que ça. Je ne sais pas si je le lirai car j’aurai sans doute un peu peur de m’ennuyer si toute l’histoire se résume à la 4e de couverture. Je découvrirai cette culture avec un autre livre sans doute 😉

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    1. Merci beaucoup pour ton commentaire et désolé pour le retard, le mois de mai a été compliqué mais ça y est, je réponds désormais plus vite que mon ombre 😉
      Gabriel Garcia Marquez a écrit des livres plus courts si tu souhaites découvrir sa plume sans forcément passer par un pavé. Après il y a plein de livres d’autres auteurs latino-américains qui sont géniaux si tu souhaites en savoir plus 🙂

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