historique·romance

« Une ardente patience » ou l’amitié fictive de Pablo Neruda et d’un jeune facteur

Une ardente patience

Une ardente patience d’Antonio Skármeta
Éditions Points, 2016, 160 pages.

L’histoire: « Au Chili, tout le monde est poète. Tu seras plus original en restant facteur.  » Réfractaire au métier de pêcheur, Mario Jimenez trouve son bonheur grâce à une petite annonce du bureau de poste de l’île Noire. Facteur il sera, avec pour seul et unique client le célèbre poète Pablo Neruda. Leur relation, d’abord banale et quotidienne, se transforme, par la magie du verbe et de la métaphore, en une amitié profonde. Mais malgré leur isolement, l’Histoire les rattrape…

Une ardente patience PML‘histoire d’Une ardente patience m’a immédiatement attirée car je trouvais intéressant l’idée de créer une fiction autour de Pablo Neruda. Cependant, et contrairement à ce que l’on pourrait penser, il n’est pas le personnage principal, c’est bel et bien le jeune facteur, Mario Jimenez, qui incarne le héros. D’un côté il y a le vieux sage, l’immense poète qui est dans les dernières années de sa vie, et de l’autre le jeune homme amoureux et prêt à tout pour conquérir celle qu’il aime. La poésie est ce qui permet de les rapprocher, et le lien est intelligemment créé par l’auteur.

J‘ai beaucoup aimé la première partie du livre. Mario Jimenez y est très touchant en amoureux naïf et désireux de séduire par tous les moyens. Son apprentissage de la poésie est plaisant à suivre, et Pablo Neruda tient un rôle important qui confère un peu une certaine aura à l’histoire.

A l’inverse, j’ai beaucoup moins accroché à la seconde partie. Je l’ai trouvée assez commune et n’ai pas vraiment vu l’intérêt de continuer à suivre les personnages, d’autant que Neruda n’est plus aussi présent.

Heureusement la fin permet à l’histoire de reprendre du rythme et de créer un certain suspens qui réveille le lecteur pour finalement le laisser dans le doute avec un dénouement ambigu. A chacun d’interpréter les dernières lignes selon son ressenti…
L’écriture est simple et plaisante à lire, le style typiquement latino-américain, et l’auteur arrive très bien à nous plonger dans l’ambiance du Chili du début des années 1970, ce qui est assez dépaysant.

Une ardente patience est une bonne lecture même si elle s’essouffle un peu dans la deuxième partie. Le personnage principal est très attachant, et que dire de Pablo Neruda! L’avoir inséré dans une fiction est une très bonne idée, et avoir situé l’histoire juste avant le coup d’état de 1973 permet au lecteur de découvrir le Chili de cette époque. Un voyage intéressant.

Skarmeta AntonioAuteur chilien, Antonio Skármeta (1940) s’est fait mondialement connaître avec son roman Une ardente patience qui a été adapté pour le cinéma. L’une de ses pièces de théâtre a également inspiré le film No qui a été un très grand succès. Ses romans ont reçu de nombreux prix.

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